Regardez bien cette image en médaillon…
Ceci n’est pas une simple illustration mais toute une histoire. Une triste histoire de
courage et de résilience qui a commencé sur les flots et s'est terminée dans les abîmes de l'eau. Une triste histoire de mutinerie et de suicide. Une
histoire d'esclavage avec une fin improbable. Se tuer ou être tué? Là était la
question. Leur réponse ne s’est pas fait attendre. Découvrez la fabuleuse
histoire de ces hommes, femmes et enfants qui ont défié l’asservissement par la mort
qui les a rendus immortels. Bienvenue à Igbo land…
L’histoire...
Des captifs Igbo
du Nigéria, achetés pour 100 $ chacun en moyenne par John Couper et Thomas
Spalding, marchands d’esclaves, arrivèrent à Savannah, en Géorgie, sur le
navire négrier The Wanderer à la mi-mai 1803.
Mais Savannah était
juste une escale pour 75 d’entre eux qui devaient être à nouveau rechargés et
entassés dans les cales d’un autre navire, le York. La destination finale de la cargaison était l’Ile de St.
Simons, sur la côte
atlantique des États-Unis d'Amérique, aux larges de la Géorgie, où ils devaient être revendus. Le voyage fut exténuant (c’est un pléonasme de le dire) et
beaucoup ont souffert de la mauvaise gestion de cette ‘‘transaction’’. N’en
pouvant plus, les 75 esclaves de ce navire côtier se révoltèrent.
Tout en
chantant, ils ont noyé leur équipage et ont raccourci leur voyage en faisant échouer
le navire à Dunbar Creek. Conduits par leur chef qui serait une femme, ces
esclaves sont descendus du navire toujours en chantant un hymne igbo “Orimiri Omambala bu anyi bia.
Orimiri Omambala ka anyi ga ejina.’’ (L'esprit
de l'eau nous a apporté. L'Esprit de l'Eau nous ramènera
à la maison.) Ils se sont dirigés à pied
dans les eaux marécageuses de Dunbar Creek pour se noyer délibérément sans
discontinuer de chanter. C’étaient des hommes, des femmes et des enfants qui
venaient de commettre l’un des plus grands suicide
collectif et le plus troublant de l’histoire de l’esclavage. Leur message était clair: la fierté ou la mort. En effet, les
Igbo étaient connus des planteurs et des propriétaires d’esclaves du Sud
américain comme des êtres farouches, indépendants, ayant un caractère rebelle et les plus résistants à
l’esclavage mais... avec un fort taux de suicide.
Authenticité des faits
Il y eut deux témoins
de cet événement: Roswell King, un
contremaître blanc de la plantation ‘‘Pierce Butler’’ à
proximité de Dunbar Creek. Il fut le tout premier à relever
l’incident. Et un certain Capitaine Patterson qui lui, a
repêché 13 corps de ces esclaves. Il y aurait eu des
survivants mais la majorité des corps n’a jamais été
retrouvée.
contremaître blanc de la plantation ‘‘Pierce Butler’’ à
proximité de Dunbar Creek. Il fut le tout premier à relever
l’incident. Et un certain Capitaine Patterson qui lui, a
repêché 13 corps de ces esclaves. Il y aurait eu des
survivants mais la majorité des corps n’a jamais été
retrouvée.

Longtemps, certains historiens ont mis en doute ce tragique événement affirmant qu'il relève plus du folklore populaire que de la réalité des
faits. Cependant des informations collectées depuis 1980 en Afrique et aux États-Unis ont confirmé l’authenticité des récits fournis par
Roswell King et par les négriers qui avaient vendus les Igbo à l’époque. Des techniques scientifiques modernes ont été utilisées pour reconstruire l’épisode et confirmer la base des récits oraux de longue date.
Héritage
culturel
- Cette mutinerie et le suicide qui s’en
est suivi sont appelés la Première Marche Historique pour la Liberté des Africains
dans l’histoire des États-Unis (Mai 1803)
![]() |
Le Site Igbo Landing |
- Le site Igbo Landing a été désigné comme
terre sainte par la communauté afro-américaine de St. Simons en septembre 2012.
- Le Débarquement d’Igbo fait partie du
programme scolaire des écoles côtières de Géorgie.
- Les populations locales croient jusqu’à
ce jour que Igbo Landing et les marais environnants à Dunbar Creek sont hantés
par les âmes de ces esclaves Igbo morts.
- Naissance
du chant populaire Afro-américain “Ebo, I call You”
- Naissance
du mythe des Africains qui marchent sur l’eau
- ''Igbo'' est longtemps resté un terme de fierté parmi les esclaves africains
Héritage
artistique
- Toni Morrison le
raconte dans son roman le Chant de Salomon
- Paulle Marshall y
fait allusion dans son roman Praisesong for the widow
- L’artiste
jamaïcain, Donovan Nelson a rendu hommage à ces valeureux esclaves à travers ses dessins exposés
au Valentine Museum of Art (VMoA)
- Beyoncé a également rendu hommage à l’Igbo Landing à
travers son chant ‘‘Love Drought’’ avec des scènes du clip qui rappellent ce
suicide collectif.
- Killmonger, joué par
l’acteur Michael B Jordan a fait reférence
à cet évènement dans le récent
film Black Panther: ‘‘Enterrez-moi dans l’océan avec mes ancêtres qui ont sauté
des navires, parce qu’ils savaient que la mort était meilleure que
esclavage”.
Maintenant, vous savez l’histoire...
![]() |
Donovan Nelson, Artiste Plasticien |
Notes:
- Igbo est également orthographié ''Ibo''
Illustrations:
- Igbo est également orthographié ''Ibo''
Illustrations:
- Dessins de Donovan Nelson
Sources:
- Face 2 Face Africa: https://face2faceafrica.com
- H. A. Sieber écrivain et éditeur américain qui a vécu à St. Simons Island de 1987 – 1989
- Fox Cruse World Music: https://foxcruseworldmusic.wixsite.com/fcwm
- Wikipédia: https://en.wikipedia.org/wiki/Igbo_Landing
- H. A. Sieber écrivain et éditeur américain qui a vécu à St. Simons Island de 1987 – 1989
- Fox Cruse World Music: https://foxcruseworldmusic.wixsite.com/fcwm
- Wikipédia: https://en.wikipedia.org/wiki/Igbo_Landing
2 commentaires:
On ne peut pas se passer de commenter cette histoire, tellement elle est poignante et va à l'encontre des préjugés dur la docilité des Noirs!
Ces Igbos, de vrais Héros!
On ne peut pas se passer de commenter cette histoire, tellement elle est poignante et va à l'encontre des préjugés sur la docilité des Noirs!
Ces Igbos, de vrais Héros!
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